2008 – Syndromes d’un autre temps

Syndromes d’un autre temps de Lars Norén et Harold Pinter

Projet théâtral composé de Le 20 novembre de Lars Norén (2006), d’Une petite douleur (1961) et du Nouvel ordre mondial (1993) de Harold Pinter. Créé dans le cadre de la résidence de la compagnie à Mains D’œuvres à Saint-Ouen le 13 septembre 2008.

Equipe

Mise en scène Julien Fišera

Avec Robert Hatisi, Mireille Roussel, Grégoire Tachnakian, Emilien Tessier

Espace Laurent P. Berger

Lumières Kelig Le Bars

Création musicale Reno Isaac

Images Armel Hostiou

Présentation

Le projet SYNDROMES D’UN AUTRE TEMPS que propose la compagnie ‘espace commun’ articule deux écritures, deux entrées dans notre monde : celle de Lars Norén et celle de Harold Pinter.

Note d’intention en 3 points

1. Syndromes

Les syndromes que signalent ces deux auteurs sont révélateurs des défaillances de notre système. Cet autre temps est le notre et Lars Norén, comme Harold Pinter, rappelle que nous avons la charge de l’état malade du monde. Il est temps d’agir.

Ces deux écrivains ont une visée commune : dénoncer le scandale du monde. Mais chez eux, aucun didactisme, aucun démagogie. Si le monde est soumis à leur regard, il l’est dans toute sa complexité : en profondeur.

2. Libérations

Norén et Pinter proposent deux chemins de libération depuis un point de départ considéré comme un enfermement.

Inspiré d’un fait divers qui a eu lieu le 20 novembre 2006, la pièce de Norén est le récit mental d’une libération. Mental puisque l’auteur place devant le spectateur le flux de conscience d’un adolescent aux ambitions homicides, sans jamais justifier ni glorifier son acte.

Une petite douleur se présente comme une parabole sur le conditionnement social et la toute-puissance du fantasme. L’apparition dans le contexte familial et familier d’un personnage inquiétant appelé Le Marchand d’allumettes va bouleverser le quotidien retiré de Flora et Edouard. Et les amener tous deux à mettre en place des stratégies de survie dont la seule visée serait de résister à l’arrivée, qu’ils ont eux-mêmes orchestrée, de cet intrus.

3. Quelle forme donner à nos désirs ?

Norén et Pinter dessinent les contours d’existences retirées du courant de la vie. Chacune de ces figures (Sebastian, Flora, Edouard) ont ceci de commun que leurs désirs viennent se heurter à ceux d’autrui. L’incomplétude dont ils font preuve s’avère être la brèche dans laquelle le réel va pouvoir s’engouffrer.

L’impossible réalisation de leurs désirs –qu’ils soit appétit de vengeance dans 20 novembre ou désir d’apaisement dans Une petite douleur– les pousse à un dépassement de soi qui est en fait un arrêt de mort.

Le drame se condense dans cette rencontre. Irrémédiablement.